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Fiscalité & Rémunération

Salaire ou dividendes : comment se rémunérer en SEL

Se verser un salaire, des dividendes, ou un mélange des deux ? L'arbitrage détermine votre revenu net, votre protection sociale et votre retraite. Voici comment le poser, à jour en 2026.

Lecture 7 min À jour en 2026

Dès lors qu'une officine est exploitée en société soumise à l'impôt sur les sociétés, le titulaire doit trancher une question qui revient chaque année : comment se rémunérer ? Salaire, dividendes, ou une combinaison des deux ? Ce choix n'est pas qu'une affaire de fiscalité : il engage aussi votre couverture sociale et vos droits à la retraite. Voici les repères pour arbitrer, à jour du cadre 2026.

Deux façons de se payer

Le dirigeant d'une SEL dispose de deux canaux. La rémunération (salaire ou rémunération de gérance) est versée en contrepartie de son activité et de son mandat ; elle est déductible du résultat de la société, mais supporte des cotisations sociales. Les dividendes, eux, sont un partage du bénéfice après impôt : ils ne réduisent pas l'impôt de la société, mais échappent en partie aux cotisations selon les cas.

Il n'existe pas de bonne réponse universelle. Le bon dosage dépend de votre forme de société (SELARL ou SELAS), de votre besoin de revenu, de votre tranche d'imposition et de vos objectifs patrimoniaux. C'est un calcul, pas une règle toute faite.

Le coût du salaire

La rémunération est chargée, mais ce n'est pas de l'argent perdu. En SELARL, le gérant majoritaire est un travailleur non salarié : ses cotisations représentent de l'ordre de 40 à 45 % de son revenu. En SELAS, le président assimilé salarié supporte des cotisations sensiblement plus élevées, mais bénéficie d'une couverture plus complète.

En contrepartie, ces cotisations financent des droits : retraite de base et complémentaire, indemnités en cas d'arrêt, invalidité, décès. Et la rémunération réduit le bénéfice imposable de la société, donc son impôt. C'est un point trop souvent oublié quand on ne regarde que le taux de charges.

Le coût des dividendes

Les dividendes semblent plus légers, mais ils subissent une double imposition. Le bénéfice supporte d'abord l'impôt sur les sociétés (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 %) ; ce qui est ensuite distribué supporte la flat tax, portée en 2026 à 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux). Au total, le prélèvement cumulé sur un euro de dividende dépasse souvent 42 %.

Il reste possible d'opter pour le barème progressif plutôt que la flat tax, avec un abattement de 40 % : c'est intéressant si votre tranche marginale est faible, mais rarement au-delà. Surtout, les dividendes n'ouvrent aucun droit social : se payer uniquement en dividendes, c'est cotiser peu et fragiliser sa retraite.

Le seuil des 10 %

C'est le piège classique de la SELARL. Pour le gérant majoritaire (TNS), la fraction de dividendes qui dépasse 10 % du capital social (majoré des primes d'émission et du solde du compte courant d'associé) n'est pas seulement soumise à la flat tax : elle est aussi réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales. Sur cette fraction, le taux effectif peut alors dépasser 55 %.

Bon à savoir : le seuil se calcule sur le capital augmenté des primes d'émission et du compte courant d'associé. Renforcer le capital ou maintenir un solde de compte courant relève donc mécaniquement le seuil, et permet de distribuer davantage de dividendes sans cotisations supplémentaires. C'est un levier à manier avec méthode, car il immobilise des fonds.

Quel est votre bon dosage salaire / dividendes ? Nous chiffrons l'arbitrage sur votre situation réelle, chaque année.
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La bonne stratégie : le mix

En 2026, avec la hausse de la flat tax, la solution optimale est presque toujours un mélange. Le principe : se verser une rémunération suffisante pour couvrir ses besoins courants, valider ses trimestres de retraite et déclencher une protection sociale correcte, puis distribuer le solde en dividendes, en tenant compte du seuil des 10 % lorsqu'on est gérant majoritaire.

Le bon curseur dépend de votre tranche d'imposition, du bénéfice attendu, de votre capital et de vos projets. Il doit être recalculé chaque année, à la lumière du résultat prévisionnel de l'officine. Un dosage figé depuis la création de la société est presque toujours sous-optimal.

Ne pas sacrifier la protection sociale

Un réflexe de bon sens : l'optimisation fiscale ne doit pas se payer au prix de la protection. Une rémunération trop faible, entièrement compensée par des dividendes, réduit vos droits à la retraite et peut vous priver d'indemnités en cas d'arrêt. Un président de SELAS sans aucune rémunération ne cotise pas du tout, et peut même se voir réclamer une cotisation spécifique au titre de la protection maladie.

La rémunération peut être utilement complétée par des dispositifs dédiés — plan d'épargne retraite, contrats de prévoyance — dont les cotisations sont déductibles. L'arbitrage doit donc intégrer le long terme autant que le net immédiat.

Attention à la bascule en BNC. Depuis 2024, la rémunération de l'associé de SEL au titre de son activité libérale est imposée dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, seule la part de gérance restant traitée comme un mandat. Cette ventilation doit être faite avec soin : mal réalisée, elle est une source classique de redressement.

Le bon arbitrage n'est pas celui qui paie le moins d'impôt cette année, mais celui qui protège vos revenus et votre retraite dans la durée.

Se faire accompagner

Chiffrer le mix optimal, tenir compte du seuil des 10 %, sécuriser la ventilation entre gérance et activité libérale, et articuler le tout avec votre stratégie patrimoniale : c'est un travail sur mesure, à refaire chaque année. C'est ce que nous menons aux côtés des pharmaciens titulaires. Découvrez nos accompagnements fiscalité de l'officine, création & structuration et holdings & SPFPL.

La rémunération du dirigeant est l'un des rares leviers entièrement entre vos mains. Bien calibré, il fait une réelle différence sur votre net comme sur votre avenir.

Salaire ou dividendes : faisons le calcul.

Cet article donne des repères généraux. Pour une réponse adaptée à votre situation, échangeons : premier rendez-vous gratuit et sans engagement.